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11 Déc 2019

Les raisons de la pérennité économique des SCOPS

Par INTIS

- Catégories : L'Intis buzz

82% des SCOP (Sociétés Coopératives et Participatives) dépassent les 3 ans de survie après la date de leur création contre une moyenne de 66% pour l’ensemble des entreprises françaises (Source INSEE). A 5 ans, il est de 65% contre 50% pour la moyenne nationale. Ces chiffres nous poussent à nous interroger au sujet des raisons pour lesquelles les coopératives réussissent à subsister économiquement tout en demeurant rentables sur le long terme.

La gestion démocratique comme axe de fidélisation des employés

En 2018, le turnover en France était de
15,1%[1] en moyenne tous secteurs
confondus. Il est donc légitime de se
demander, pourquoi ces salariés quittent
leur entreprise ? On peut se pencher sur
le facteur rémunération : Seulement
54%[2] des français jugent avoir un
« salaire juste » pour le travail fourni,
mais quand il s’agit de quitter leur
entreprise, ils ne sont que 10%[2] à
évoquer la rémunération en premier. La
réalité étant que 35%[1]des salariés jugent
que le bien-être au travail est le facteur
le plus déterminant pour quitter ou non
une entreprise.

Pour fidéliser ses salariés, il est donc nécessaire de mettre en place des mécanismes qui visent à faire pérenniser cette collaboration : Si celui-ci se retrouve dans une structure engageante l’employé pourra alors développer un attachement émotionnel envers son entreprise.[3]

Dans les coopératives, l’engagement des employés est plus développé car les salariés décident eux mêmes du périmètre de cet engagement : Des études qualitatives [4] soulignent l’existence de conditions de réalisation du travail plus favorables dans les SCOPS en raison principalement de la plus grande participation des salariés lors de leur définition.

L’actionnariat salarié, un outil de fidélisation du capital intellectuel

De plus en plus d’entreprises ouvrent leur capital à leurs salariés dans le but de mieux les impliquer dans les projets de celle-ci et de s’assurer de leur fidélité sur le long terme.

L’actionnariat salarié permettrait d’aligner les intérêts de l’entreprise avec ceux du salarié, cette ouverture du capital donne une obligation de transparence. Le salarié est convoqué aux AG annuelles qui lui donnent une vision exacte du chiffre d’affaires, des objectifs stratégiques et des risques encourus. D’après le sondage OpinionWay pour BDO France et Eres (2016) auquel 700 entreprises non cotées ont répondu, les motivations « RH » de l’actionnariat salarié sont principalement les « bénéfices salariés » à 53% . 44% des répondants jugent que cela implique plus fortement leurs collaborateurs, qu’il leur permet de partager le profit avec eux et de les fidéliser (36%).

La société coopérative : Forme ultime de l’actionnariat salarié

L’actionnariat salarié regorge de bénéfices pour l’entreprise. Qu’il s’agisse de la fidélisation de ses salariés ou de la protection de son capital garantie par ses salariés. Qu’en est-il des sociétés coopératives ?

“Les Sociétés coopératives, désignent les entreprises à statut SCOP (Société coopérative et participative) et à statut SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif). Soumises à l’impératif de profitabilité comme toute entreprise, elles bénéficient d’une gouvernance démocratique et d’une répartition des résultats prioritairement affectée à la pérennité des emplois et du projet d’entreprise.”[5]

L’actionnariat salarié est une source d’engagement importante dans les entreprises conventionnelles. Seulement, il comporte également des risques comme la souveraineté de la prise de décision si celui ci possède des parts plus conséquentes. Il peut également vendre ses parts et donner ses pouvoirs à un tiers, ce qui peut engendrer des dérives importantes dans la passation de pouvoir et augmenter le risque de désengagement. Dans les coopératives ce sont les sociétaires qui détiennent le pouvoir sur une base démocratique et non sur la base de leur apport au capital. Les cessions de parts ne se font que via la coopérative, ce qui garantit leur indépendance.

Il existe également des textes juridiques qui appuient ces dires : Prenons le cas des SCOPs par exemple. Ceux-ci soulignent notamment que les salariés détiennent au moins de 51% des parts
du capital et 65% des droits de vote au minimum. Sur le principe démocratique : 1 personne = 1 voix quelque soit sa part de capital. Il faut également conserver une répartition encadrée et équitable du
résultat, ainsi subsistent alors des réserves impartageables et un patrimoine collectif inaliénable, pour privilégier une gestion sur le long terme. C’est pour cela que le taux de pérennité à 3 ans des
SCOPs est de 82% contre 60% pour le reste des entreprises en France.[6]

Résumé :

La pérennité économique des coopératives salariales peut s’expliquer par  la fidélisation des salariés à travers la gestion démocratique du capital humain, l’accès au sociétariat qui garantit l’indépendance de la gestion et la conservation d’une partie de son résultat pour privilégier une gestion sur le long terme.

Sources :

[1] Etude HayGroup 2018

[2] Etude de l’institut Decipher ( 2018)_Focus Vision Data ( Indeed)

[3] Meyer, J. P. et N. J. Allen. 1991. « A Three-Component Conceptualization of Organizational Commitment ». Human Resource Management Review, 1, 61–89

[4] Frémeaux P. 2012 ” L’économie sociale et solidaire, virage ou mirage” p 21

[5] Définition donnée par l’union sociale des scops

[6] INSEE